Le nouveau délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques, Pierre-Antoine Molina, fait le point sur les avancées du dossier JOP d’hiver 2030, leur impératif de sobriété et leur mise en place.
Quelles leçons des JOP de Paris vont être tirées pour préparer les JOP de 2030 ?
Pierre-Antoine Molina : Nous devons, bien sûr, capitaliser au maximum sur le retour d’expériences et les succès de l’organisation des Jeux de Paris 2024. Nous devons aussi faire fructifier ces enseignements en termes de pilotage des projets, de coordination des acteurs concernés par les Jeux, de partenariats entre l’État, le mouvement sportif et les collectivités. Toutefois, ces atouts ne sont en aucun cas une garantie. Il est important de tenir pleinement compte des spécificités du projet Alpes 2030, un projet qui a sa genèse propre, qui doit beaucoup aux deux Régions. Ce projet se caractérise aussi par son inscription territoriale, autour de quatre pôles dans les Alpes françaises, dont il s’agit de conforter et de promouvoir les atouts.
Pouvez-vous nous donner quelques exemples concrets ?
P.-A. M. : L’accueil des JOP implique des dispositions législatives particulières. Nous sommes en train d’analyser celles des deux lois olympiques votées pour les Jeux de Paris 2024 afin d’identifier, avec les ministères, les mesures qui devront être reconduites pour 2030, notamment dans le domaine de l’urbanisme et de l’aménagement. Ce travail devra également tenir compte des besoins identifiés sur le territoire par les acteurs locaux. Dans l’immédiat, nous préparons les mesures réglementaires nécessaires à la mise en place d’un établissement public destiné à piloter la livraison des ouvrages olympiques, comme la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques) l’a fait très efficacement pour Paris 2024. Il nous faut aussi dégager, avec les Régions, les premiers moyens nécessaires à la préfiguration et à l’amorçage des activités de cet établissement et du Comité d’organisation.
Comment vous assurerez-vous que ces JOP d’hiver 2030 tiendront leurs promesses en matière budgétaire mais également sur le plan environnemental ?
P.-A. M. : L’impératif de sobriété s’impose à tous. Dans un contexte de consolidation budgétaire et de résorption de la dette environnementale, c’est la frugalité qui doit l’emporter. Pour cela, nous devons partir d’évaluations précises et partagées des besoins et des coûts.
Dans quels domaines en particulier, Alpes 2030 doit faire preuve d’exemplarité ?
P.-A. M. : Les questions environnementales dans nos montagnes sont un sujet stratégique et sensible qu’il convient d’intégrer dès le début dans l’approche des Jeux de 2030. Des objectifs partagés devront être définis en la matière, tant pour les investissements à réaliser que pour l’organisation même des Jeux. À cet égard, l’héritage de ces Jeux devra aussi favoriser la transition écologique des territoires alpins. Là encore, c’est dans le dialogue avec les territoires que nous pourrons identifier les bons instruments.
Pour retrouver l’ensemble du dossier sur les JOP d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, abonnez-vous au magazine de l’ANEM Pour la montagne, en utilisant le lien ci-contre : https://www.anem.fr/le-mensuel-plm/





