Deux questions à Samuel Vergès , docteur en physiologie et ancien sportif de haut niveau, sur le bien-être en montagne

Chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) au sein du laboratoire Hypoxie et physiopathologie cardiovasculaire et respiratoire (HP2) à l’Université de Grenoble-Alpes, Samuel Vergès a publié de nombreux articles scientifiques internationaux. Il est président d’Exalt, un centre d’expertise sur l’altitude, et a également dirigé de nombreuses expéditions scientifiques en haute altitude.

Le groupe de travail dédié au tourisme, mis en place par l’ANEM et piloté par Chantal Carlioz, vice-présidente du conseil départemental de l’Isère, ainsi que Jean Picchioni, ancien maire des Adrets et ancien trésorier de l’Association, réunit près d’une vingtaine d’élus et de professionnels issus de tous les massifs. Ce groupe a eu le plaisir d’entendre Samuel Vergès, le 18 mai dernier, sur le sujet du bien-être en montagne. Cette séance de travail fait écho à la troisième proposition formulée dans le premier rapport du groupe sur La création d’un nouveau classement « station climatique » dédié aux communes de montagne qui développent une offre autour du « bien-être ».

1° Samuel Vergès, pouvez-vous présenter vos travaux ?

Avec mon équipe de recherche et au travers de différentes études conduites depuis plusieurs années, nous étudions les effets de l’environnement d’altitude sur la santé. Nous sommes plus spécifiquement spécialistes des réponses physiologiques à l’hypoxie (c’est-à-dire la moindre disponibilité en oxygène comme retrouvée en altitude, mais aussi dans certaines maladies respiratoires) et à l’exercice physique (en particulier quand celui-ci est réalisé en conditions de montagne et d’altitude). Nos travaux explorent, d’une part, les adaptations positives que peuvent induire une exposition à des altitudes modérées ainsi qu’une activité physique suffisamment adaptée à la personne concernée, et, d’autre part, les effets délétères d’un manque d’oxygène trop sévère (comme en haute altitude ou chez les malades respiratoires sévères) ou d’une pratique sportive inadaptée, trop intense, ou encore les phénomènes d’intolérance à l’effort de certains malades.

2° Pouvez-vous nous dire en quoi cette aspiration des élus à faire reconnaître et mieux connaître les bienfaits de la montagne s’inscrit dans le champ de vos travaux ?

Plusieurs études que notre équipe et certaines autres à travers le monde ont conduit ces dernières années suggèrent que vivre de façon transitoire ou permanente dans un environnement de moyenne altitude peut avoir des effets positifs sur la santé. Le fait de vivre en altitude semble, par exemple, associé à un moindre risque de survenue des pathologies cardiovasculaires ou encore de l’obésité et du diabète. Ces résultats nécessitent d’être confirmés et précisés. C’est ce à quoi notre équipe de recherche se consacre actuellement à travers différentes études avec le soutien, en particulier, du département de l’Isère. Cette thématique de recherche est en effet importante dans le cadre de l’attractivité et du développement des territoires de montagne dont la spécificité de l’environnement de vie pourrait être associée à certaines plus-values en termes de bien-être et de santé. Concrètement, il se pourrait que résider de façon permanente ou transitoire en moyenne montagne puisse induire des effets positifs significatifs sur le bien-être et la santé que ces territoires valorisent. C’est dans ce cadre que les élus s’intéressent à ces travaux de recherche éclairant les thématiques bien-être et santé en montagne.

 

 

 

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