La situation préoccupante des stations thermales

Le 28 janvier 2021, Jeanine Dubié, présidente de l’ANEM, a organisé une réunion avec Jean-Bernard Sempastous, député des Hautes-Pyrénées, Paul Audan, maire de Gréoux-les-Bains, président de l’Association Nationale de Maires de Communes Thermales, ainsi que divers acteurs du thermalisme, afin d’envisager les actions pour soutenir les communes thermales qui  subissent de plein fouet la crise sanitaire.

Suite à cette réunion, un courrier conjoint avec les représentants des stations thermales (Fédération thermale, Association des maires des communes thermales, Conseil national des établissements thermaux) et l’ANETT (Association nationale des élus des territoires touristiques) a été envoyé au Premier ministre afin de le sensibiliser à la situation très préoccupante des 90 stations thermales françaises.

En effet, sur une saison qui s’étale d’ordinaire sur neuf mois, les établissements thermaux ont été autorisés à ouvrir que pendant quatre mois, de juillet à octobre 2020. Entre les deux confinements, les curistes se sont faits rares. Aujourd’hui, la perspective d’une saison blanche met à genoux non seulement une économie mais aussi tout un bassin de vie.

La saison thermale 2020 s’est achevée sur un constat catastrophique qui tient en quelques chiffres :

  • la fréquentation des établissements thermaux a reculé de plus de 67% ;
  • plus de 370 000 curistes ont dû renoncer à leurs soins et en subissent dès à présent les conséquences (réactivation des douleurs, limitation des capacités fonctionnelles, baisse de la qualité de vie) ;
  • Les 113 établissements thermaux ont enregistré des pertes d’exploitation: le montant cumulé de cette perte atteint 110 millions d’euros ;
  • tous les socioprofessionnels des stations thermales ont subi les effets collatéraux désastreux des mesures, au demeurant nécessaires, liées à l’urgence sanitaire.

Aujourd’hui, ce sont quelque 110 000 emplois qui en dépendent et qui sont menacés, souvent dans des zones rurales ou de montagne.

Malgré la consolidation du dispositif de soutien déployé par l’État (prolongement de l’activité partielle, élargissement des conditions d’accès au Fonds de solidarité, bonification, prêts garantis par l’État, etc.), les établissements thermaux sont dans une situation de grande fragilité économique.

Contrairement à celles portées par d’autres secteurs (notamment celui des remontées mécaniques dans les stations de montagne), les demandes réitérées du thermalisme, à ce jour, n’ont pas abouti (demandes d’attribution d’un forfait hygiène auprès de la caisse nationale de l’assurance maladie en compensation du coût de mise en œuvre des mesures sanitaires,  d’allocation d’un forfait pandémie de 82 millions d’euros auprès du ministère de l’Économie et des Finances, en compensation des frais fixes supportés par les établissements pendant leur double période de fermeture administrative, d’éligibilité au PGE saisonnier…).

Les signataires du courrier espèrent être reçus par le Premier ministre afin d’exposer la spécificité et les attentes du secteur.

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