La station de ski de l’Alpe du Grand Serre, située à 1 368 m d’altitude, dans la commune de La Morte en Isère (38), à seulement 45 minutes de Grenoble, accueille les touristes sur ses pistes depuis 1938. Ce domaine skiable comprend 38 pistes et propose une multitude d’activités hivernales mais aussi une vingtaine d’activités en été.
Le 4 octobre dernier, après plusieurs exercices déficitaires et une contribution globale de 2,7 millions d’euros à l’exploitation du domaine par la communauté de communes de la Matheysine, cette dernière a décidé, à 77 % des voix, de mettre fin aux subventions, entraînant de facto la fermeture de la station. Cette décision visait à allouer nouvellement les fonds vers divers projets pour l’avenir du territoire. Cependant, à la suite d’un mouvement de solidarité, et notamment une cagnotte citoyenne ayant atteint 200 000 € et un soutien de l’État, les élus ont fait marche arrière le 22 octobre, permettant ainsi à la station d’ouvrir pour la saison 2024/2025.
Selon Pierre-Alexandre Metral, doctorant en géographie à l’Université de Grenoble, 186 stations de ski, principalement des « micro-domaines », ont définitivement fermé leurs portes depuis 1950. Parmi les fermetures récentes, on compte celle du Grand-Puy, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ainsi que celle de Notre-Dame-du-Pré, en Savoie. Aujourd’hui, c’est la station de l’Alpe du Grand Serre qui risque de connaître le même sort si des solutions pérennes ne sont pas trouvées. Une telle issue aurait des conséquences dramatiques : non seulement l’économie locale serait impactée mais la fermeture entraînerait également la perte de près de 200 emplois.
Pourtant, à la station de l’Alpe du Grand Serre, un projet ambitieux, peut-être un peu trop, d’un montant de 24 millions d’euros est en cours, comprenant entre autres l’installation d’un ascenseur valléen qui permettrait de développer le VTT pendant la saison estivale.
Une nouvelle illustration que le passage d’un modèle économique reposant quasi exclusivement sur le ski vers un modèle de tourisme à l’année se construit sur le long terme et nécessite des financements importants. Et le regret que, trois ans après le lancement du plan Avenir Montagnes, ce dernier arrive à son terme dans un contexte budgétaire contraint, laissant les élus démunis et isolés pour mener les travaux nécessaires à la transition de leurs stations.





