À l’occasion du prochain Congrès de l’ANEM, soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, son président, Fabrice Pannekoucke, revient pour le magazine Pour la Montagne (PLM) sur l’importance de cet événement et présente les grandes orientations de la politique régionale en faveur des territoires de montagne.
PLM : Du 15 au 16 octobre 2026, le Congrès de l’ANEM va avoir lieu à Gex où se réuniront de très nombreux élus de la montagne. En quoi ce rendez-vous est-il porteur d’avenir ?
F.P. : La montagne est aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle doit rester un territoire où l’on peut vivre, travailler, se loger et se projeter, tout en faisant face aux profondes transformations climatiques, économiques et sociales qui la touchent. Le Congrès de l’ANEM est donc un rendez-vous essentiel : il permet aux élus de confronter leurs expériences, de partager leurs solutions et surtout de construire ensemble une vision de la montagne de demain.
C’est aussi un temps fort pour rappeler que la montagne ne doit pas être considérée uniquement comme une destination touristique. Elle est d’abord un territoire de vie, avec ses habitants, ses entreprises, ses agriculteurs, ses artisans et ses services publics. C’est cette montagne dynamique, habitable et préservée que nous devons préparer pour les générations futures.
PLM : Qu’apportent les territoires de montagne à la Région Auvergne-Rhône-Alpes ?
F.P. : Nos territoires de montagne sont une richesse exceptionnelle pour notre région ! Ils contribuent à son attractivité, mais aussi à son économie, à son agriculture, à sa filière forêt-bois, à ses savoir-faire et à son potentiel d’innovation.
Ils sont également un formidable laboratoire pour inventer les solutions de demain. La Région accompagne déjà cette transformation, notamment à travers la diversification touristique, les mobilités, l’innovation et la transition énergétique. Plus de 600 projets ont ainsi été soutenus pour faire évoluer le modèle touristique de montagne.
Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 peuvent amplifier cette dynamique. Nous voulons des Jeux sobres, utiles et durables, qui laissent un véritable héritage aux habitants : logements, mobilités, équipements publics et nouvelles activités économiques.
PLM : Comment limiter l’impact du changement climatique sur les territoires de montagne ?
F.P. : L’adaptation au changement climatique doit être au cœur de toutes nos politiques de montagne. C’est précisément le sens du travail mené avec l’ensemble des acteurs, notamment sur le Plan d’adaptation au changement climatique du massif des Alpes.
Il faut d’abord diversifier nos économies et ne plus dépendre d’une seule saison. Le tourisme quatre saisons, la nature, le sport, le bien-être, mais aussi l’agriculture, la forêt, les énergies renouvelables ou encore l’innovation doivent contribuer à créer de la valeur et de l’emploi toute l’année.
Il faut également accélérer les mobilités décarbonées, améliorer la performance énergétique des bâtiments, préserver nos ressources naturelles et mieux prendre en compte les risques auxquels nos massifs sont exposés.
Notre responsabilité est claire : faire de la montagne non pas un territoire qui subit le changement climatique, mais un territoire qui anticipe, innove et s’adapte. C’est ainsi que nous garantirons son habitabilité et son attractivité pour les générations futures.





