En juin 2025, à la suite d’une modification préalable de la Convention de Berne, le Conseil de l’Union européenne a adopté une directive reclassant le loup d’« espèce strictement protégée » à « espèce protégée » au titre de la directive Habitats. La France a traduit cette évolution dans son droit interne au début de l’année 2026, à travers deux décrets et deux arrêtés publiés en février venant apporter les modifications attendues, depuis juillet, par les éleveurs.
La première évolution majeure concerne le relèvement du plafond de prélèvement du loup. En effet, l’arrêté du 23 février 2026 relatif au plafond de destruction relève le taux maximal annuel de loups pouvant être prélevés de 19 % à 21 % de l’effectif moyen estimé, avec la possibilité d’atteindre 23 % sur décision du préfet coordonnateur. Il porte ainsi à 227 le nombre de loups qui pourront être prélevés en 2026, avec la possibilité d’ajouter en cours d’année encore 2 %, soit jusqu’à 56 loups supplémentaires.
Autre modification importante : l’arrêté ministériel du 23 février 2026 redéfinit les modalités de prélèvement du loup dans le cadre de la défense des troupeaux. Désormais, pour les troupeaux ovins et caprins situés en cercles 0, 1 et 2, le recours aux tirs de défense peut être engagé après une déclaration préalable auprès de la préfecture et sans attendre une autorisation individuelle formelle comme c’était le cas auparavant. L’arrêté précise également les conditions techniques de réalisation des tirs et encadre l’usage de certains dispositifs de repérage nocturne. En revanche, pour les troupeaux bovins et équins, ainsi que pour certaines zones moins exposées (cercle 3), un régime d’autorisation préfectorale demeure applicable.
Ensuite, le décret n° 2026-53 du 3 février 2026 modifie le régime d’indemnisation des dommages causés par les grands prédateurs. Il étend au cercle 2 les conditions jusque-là limitées aux cercles 0 et 1 : au-delà de deux attaques, le maintien du droit à indemnisation dépend désormais de la mise en place effective de moyens de protection adaptés. Le texte remplace aussi la notion de « mortalité » par celle de « dommage », incluant notamment étouffements et dérochements imputables à la prédation.
Enfin, le décret n° 2026-128 du 24 février 2026 vient compléter ce dispositif en introduisant des ajustements, notamment pour les territoires en cours de colonisation par le loup, en précisant les conditions et les souplesses d’appréciation de cette nouvelle obligation, et en encadrant plus finement l’articulation entre protection effective du troupeau et droit à indemnisation.
Ces évolutions améliorent la réactivité des éleveurs pour assurer leur défense et relèvent le plafond de prélèvements, mais elles renforcent aussi les contraintes. L’extension de la conditionnalité en cercle 2 impose des investissements supplémentaires et maintient une complexité administrative. La réforme ajuste l’équilibre existant sans résoudre pleinement les difficultés structurelles des éleveurs de montagne.





