Trait d’union physique entre la production et la consommation d’électricité, le réseau de transport d’électricité (RTE) se trouve au cœur de la transition énergétique et de la bascule des usages des énergies fossiles vers l’électricité et les bioénergies. RTE conduit, depuis deux ans, les travaux techniques et économiques visant à définir son plan stratégique pour le développement du réseau de transport d’électricité à l’horizon 2040.
Ce plan-programme national, appelé schéma décennal de développement du réseau (SDDR), a été dévoilé au public le 13 février 2025. Il décrit comment, où et à quel rythme le réseau doit évoluer pour permettre à la France d’électrifier son économie, de décarboner des industries existantes, d’en accueillir de nouvelles et de développer son parc de production bas carbone.
Le SDDR s’articule autour de trois piliers :
- La définition d’un programme de renouvellement des infrastructures qui répond à l’impératif d’adaptation au changement climatique et tient compte de l’âge moyen du réseau (plus de 20 % des lignes aériennes ont 70 ans). Le SDDR assure la planification d’infrastructures qui seront, pour certaines, toujours présentes en 2100 ;
- La planification industrielle, temporelle et territoriale d’un programme de raccordement sans précédent depuis la création de RTE. Le réseau propose une stratégie qui permet d’organiser et de planifier les raccordements pour assurer que le réseau national ne soit pas construit au rythme des besoins individuels. Elle répond à un enjeu de mutualisation, de planification et d’aménagement du territoire ;
- La programmation des modifications nécessaires de la «colonne vertébrale» du réseau français que constitue le réseau à très haute tension. Avant 2030, elle sera essentiellement renforcée dans les grandes zones industrialo-portuaires et dans le centre de la France pour augmenter la capacité de transit des lignes 400 kv les plus anciennes du réseau. Le SDDR planifie l’étape suivante pour permettre au réseau d’être un outil en faveur de la décarbonation et de la réindustrialisation du pays, qui sont envisagées dans ce plan comme une priorité ;
Ces orientations visent à renforcer la souveraineté énergétique du pays en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles importées, en développant sa capacité de production d’électricité décarbonée et en relocalisant sur le territoire des composants clés de la chaîne de valeur pour les technologies d’avenir. Le réseau est au cœur de cette transformation.
Les investissements à réaliser dans le réseau sont significatifs, qui plus est en période de tensions géopolitiques et économiques, mais ils sont un gage d’amélioration de la souveraineté énergétique. Ils sont désormais bien identifiés par les pouvoirs publics français et européens, les collectivités territoriales et les industriels comme un prérequis à la réindustrialisation du pays.
Par ailleurs, le SDDR repose sur un renforcement du rôle de grand donneur d’ordre de RTE vis-à-vis de la filière industrielle des matériels nécessaires à la construction des infrastructures de réseau, pour assurer que la croissance des investissements dans le réseau public se traduise également par des retombées économiques directes sur le territoire national et européen.
Soumis à consultation publique au printemps dernier pour prioriser les actions, identifier les contraintes sur la chaîne d’approvisionnement, étudier les solutions techniques alternatives, mutualiser les ouvrages et définir une politique de l’offre adaptée aux territoires, ce plan a fait l’objet d’une saisine des autorités compétentes, notamment de la CRE (Commission de régulation de l’énergie), de la CNDP (Commission nationale du débat public) et de l’AE (Autorité environnementale). Il est soumis à l’avis du ministre de l’Énergie et à l’examen de la Commission de régulation de l’énergie.
Il sera, au printemps 2025, présenté à un large public pour concertation. La participation des élus sera, à ce titre, tout à fait essentielle.
Pour consulter les documents de présentation des grandes orientations du SDDR : RTE présente les grandes orientations de sa stratégie de transformation du réseau de transport d’électricité à l’horizon 2040 | RTE





