Le secteur du tourisme a un poids économique considérable en France – première destination touristique mondiale – avec près de 8% du PIB national et 2 millions d’emplois. Au rythme de ses pics d’affluence, le tourisme structure la vie de nombreux territoires qu’ils soient urbains ou ruraux, de montagne ou littoraux. Et il doit relever deux défis écologiques majeurs. Le défi carbone est bien connu : le tourisme en France représentant 11% des émissions nationales de gaz à effet de serre, soit proportionnellement plus que son PIB. Le défi eau était, quant à lui, moins visible, du moins jusqu’à l’année 2022 qui a marqué les esprits dans le pays, entre incendies et sécheresses.
Les territoires doivent désormais concilier le tourisme avec la rareté de l’eau et ses disponibilités plus incertaines : certains territoires déjà très précaires en termes de ressource en eau, comme les Pyrénées-Orientales, enregistrent une augmentation de plus de 24% de leur consommation d’eau en raison de l’afflux de visiteurs l’été (avec +212% d’augmentation entre la population résidente et la population saisonnière de ce département).
Une nouvelle étude réalisée par Mayane Labs – sous la conduite de l’hydrologue Emma Haziza – et Veolia dresse un état des lieux de la vulnérabilité hydrique du secteur et recense les principales solutions à envisager pour maintenir durablement la disponibilité de l’eau et l’attractivité touristique des territoires.
On y apprend notamment qu’en 2022 en France, sur les cinq territoires qui ont vu leur consommation d’eau augmenter le plus en raison de l’afflux touristique, quatre sont des départements de montagne :
- la Corse-du-Sud : +37%
- la Haute-Corse : +26,6%
- les Pyrénées-Orientales : +24,3%
- les Hautes-Alpes : +22,6 %
Le solutions évoquées dans l’étude peuvent se regrouper en quatre types d’actions : sobriété, sensibilisation, réutilisation et diversification :
Réduire les consommations en eau
• Adapter les équipements des hébergements touristiques et des activités aquatiques ludiques.
• Modifier les processus de gestion des équipements afin qu’ils soient hydroéconomes.
• Systématiser la télérelève sectorisée pour piloter plus finement les consommations et réduire les fuites.
Sensibiliser l’ensemble de la chaîne des acteurs, des hébergeurs aux salariés et aux clients
• Encourager une labellisation clé verte vers un tourisme quatre saisons dans une démarche raisonnée et durable.
• Développer la pratique des écogestes par les méthodes sociologiques et des méthodes de communication engageantes.
Développer la pratique de l’économie circulaire et les solutions alternatives
• Mettre en place des boucles d’eaux locales multiusages (vidanges de piscines vers des usages de proximité…).
• Développer la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) pour des usages de services et d’arrosage.
Diversifier les activités touristiques hydrodépendantes afin de lisser le pic de demande et s’adapter aux aléas de disponibilité en eau
• Développer des activités complémentaires : randonnées pédestres ou à vélo, parcours d’accrobranche, visites culturelles et patrimoniales…
• Promouvoir le tourisme hors-saison : offres promotionnelles en basse saison, événements culturels et festivals en dehors des pics touristiques…
Ces quatre leviers seront d’autant plus efficaces qu’ils seront intégrés et orchestrés dans une planification des projets de territoire dont l’eau devient un facteur dimensionnant et limitant.
Pour plus d’informations et des exemples dans les territoires, vous pouvez télécharger l’étude complète : Etude Eco d’Eau_Eau et Tourisme- Faire face aux nouvelles vulnérabilités





