Le gouvernement a annoncé son intention de transférer une partie du remboursement des cures thermales de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé dès 2027. Une perspective qui suscite une vive inquiétude dans la filière thermale et parmi les élus locaux, particulièrement dans les territoires de montagne.
Le 8 octobre, à l’occasion de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé un transfert de 200 millions d’euros de dépenses liées aux cures thermales vers les complémentaires santé. Cette mesure se traduirait par une baisse du taux de remboursement des soins thermaux par l’Assurance maladie de 65 % à 15 %.
Présentée comme une mesure d’économie, cette évolution fait craindre un déremboursement de fait des cures thermales. En effet, les complémentaires santé ne sont pas tenues de prendre en charge ces soins. Le transfert pourrait ainsi entraîner une augmentation du reste à charge pour les patients ou une hausse des cotisations des complémentaires, au risque de détourner une partie des quelque 500 000 curistes annuels de ces traitements.
Pour les territoires de montagne, où se situe la moitié des stations thermales françaises, les conséquences pourraient être particulièrement importantes. Au-delà de leur vocation médicale, les établissements thermaux constituent un moteur économique essentiel pour de nombreuses communes, en soutenant l’emploi local, l’hébergement touristique, la restauration et les commerces de proximité. Une diminution de la fréquentation fragiliserait directement l’économie de ces territoires.
Cette annonce est d’autant plus incompréhensible qu’elle intervient alors même que la Haute Autorité de santé (HAS) doit encore rendre ses conclusions sur le service médical rendu des cures thermales, à l’issue d’une évaluation engagée à la demande du gouvernement et qui doit aboutir au mieux fin 2027.
Devant la menace, l’ANEM a donc décidé de saisir la ministre de la Santé et la présidence de la République pour demander l’abandon du projet de décret et attendre, a minima, les résultats de l’évaluation de la HAS avant toute nouvelle modification.





