Plan d’urgence agricole : les premières mesures du plan CASI se concrétisent

Après un été 2026 marqué par des épisodes de sécheresse, de fortes chaleurs et des incendies, le gouvernement avait annoncé, le 4 septembre, un plan d’urgence de 1,3 milliard d’euros pour soutenir les agriculteurs. Baptisé « Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies » (CASI), il vise à indemniser les pertes subies par les exploitations et à leur permettre de préparer la prochaine campagne agricole. Le 20 octobre, le ministère de l’Agriculture a présenté un premier bilan de son déploiement, avec une accélération des demandes et des premiers versements.

L’urgence est particulièrement forte pour les exploitations d’élevage de montagne, déjà fragilisées par les contraintes du relief, les surcoûts de production et les difficultés d’approvisionnement en fourrage. À l’échelle nationale, le ministère estimait début septembre que les stocks fourragers avaient diminué de plus de 50 % dans certaines régions. La sécheresse des prairies et la nécessité de constituer des réserves pour l’hiver pèsent directement sur la trésorerie des éleveurs.

Le plan CASI repose d’abord sur une mobilisation des mécanismes d’indemnisation des pertes agricoles. L’indemnisation de solidarité nationale (ISN), estimée à 520 millions d’euros, doit permettre de compenser une partie des pertes de récoltes liées aux aléas climatiques. Pour accélérer les versements, les procédures de reconnaissance des pertes ont été simplifiées. Pour les agriculteurs assurés, le plafond des acomptes d’ISN a d’ores-et-déjà été porté de 70 % à 80 % du montant prévisionnel de l’indemnisation. Des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) sont également prévus, selon l’importance des dommages, avec des taux allant de 20 à 75 % pour les cultures arables, de 15 à 80 % pour les prairies, de 20 à 70 % pour les vergers et de 25 à 100 % pour les vignes.

La principale mesure nouvelle est la création d’un fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros. Placé sous le pilotage des préfets, celui-ci vise à accompagner les exploitations les plus durement touchées et à financer les approvisionnements nécessaires à la poursuite de leur activité, notamment l’achat de fourrages, de semences ou de plants. Les premiers paiements ont débuté et une réserve nationale de 21 millions d’euros a été débloquée en urgence afin de soutenir les territoires les plus en difficulté.

Le plan CASI comprend également plusieurs mesures destinées à alléger les charges des exploitations et à soutenir leur trésorerie. Elles concernent notamment les achats d’engrais, le carburant agricole et les cotisations sociales, avec des aides prolongées, des conditions d’accès assouplies et des possibilités de report de paiement pour les agriculteurs en difficulté.

Sur les 1,3 milliard d’euros annoncés en septembre dans le cadre du plan CASI, 426 millions d’euros ont déjà été mobilisés au 20 octobre pour financer une partie des mesures. Cette mobilisation ne signifie toutefois pas que l’ensemble de cette somme a déjà été versé aux agriculteurs. De plus, si ces soutiens doivent répondre aux difficultés des exploitations, une partie importante du plan repose sur des dispositifs préexistants, prolongés ou renforcés. Pour les territoires de montagne, l’enjeu sera de garantir que ces aides tiennent compte des contraintes propres aux systèmes pastoraux, particulièrement exposés aux conséquences de la sécheresse et aux difficultés d’approvisionnement en fourrage.