Adoptée définitivement par l’Assemblée nationale et le Sénat le 20 juillet, la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles apporte plusieurs réponses aux difficultés exprimées par le monde agricole. Elle comporte des mesures particulièrement attendues dans les territoires de montagne, où les contraintes liées au relief, au climat, aux surcoûts de production et à la prédation fragilisent durablement les exploitations.
Avec 67 000 exploitations, soit plus de 17 % des exploitations agricoles françaises, l’agriculture de montagne demeure un pilier économique et social des massifs. Majoritairement composée de petites structures, souvent engagées dans des systèmes pastoraux, elle contribue également à l’entretien des paysages, à la prévention des risques naturels et au maintien d’une vie dans les vallées.
Mobilisée tout au long de l’examen du texte, l’ANEM a défendu une meilleure prise en compte de ces spécificités. Parmi les avancées obtenues, l’article 4 permet désormais d’intégrer les produits bénéficiant de la mention européenne « produit de montagne » dans les objectifs d’approvisionnement de la restauration collective, lorsque leurs qualités ou leurs externalités environnementales sont attestées par un système de certification. Cette disposition ouvre de nouveaux débouchés aux filières locales et renforce la valorisation des productions issues des massifs.
La loi apporte également une réponse aux tensions croissantes sur la ressource en eau. L’article 6 ter modifie la loi Montagne afin d’y reconnaître explicitement le stockage de l’eau, notamment pour l’alimentation en eau potable, l’irrigation, l’abreuvement du bétail, les activités pastorales et la sécurité civile. Cette évolution constitue un levier important d’adaptation face à l’intensification des sécheresses et à la concurrence entre les usages.
La gestion de la prédation fait enfin l’objet de plusieurs évolutions majeures. L’article 14 reconnaît que les moyens de protection classiques ne sont pas adaptés aux troupeaux bovins, équins et asins, et facilite le recours aux dispositifs de défense contre la prédation. Il adapte les conditions de mise en œuvre des tirs de défense. Le plafond annuel de prélèvement pourra notamment tenir compte du nombre minimal de loups compatible avec un état de conservation favorable de l’espèce. Le texte autorise également, sous conditions, l’utilisation de dispositifs de vision nocturne et renforce le rôle ainsi que l’accompagnement des lieutenants de louveterie.
Ces dispositions constituent des avancées concrètes pour les éleveurs et les collectivités de montagne. Leur mise en œuvre devra désormais faire l’objet d’un suivi attentif afin de garantir des réponses réellement adaptées aux réalités de chaque massif.





