Prédation : de nouvelles prérogatives pour le préfet coordonnateur du plan loup

Publié le 25 août 2026, le décret n° 2026-815 du 24 août 2026 modifie les attributions du préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup. Il adapte le décret du 12 septembre 2018 aux récentes évolutions du régime des tirs et renforce les possibilités de pilotage des interventions sur le loup.

La première évolution concerne le suivi des prélèvements. Jusqu’à présent, le préfet coordonnateur recensait les loups abattus dans le cadre des tirs autorisés par les préfets de département. Il devra désormais prendre en compte les animaux prélevés dans le cadre de tirs simplement déclarés auprès des préfectures. Cette modification adapte les missions du préfet coordonnateur au nouveau régime de défense des troupeaux.

Le décret élargit surtout les possibilités de suspension des tirs par le préfet coordonnateur. Depuis 2018, celui-ci pouvait suspendre les tirs de prélèvement et les tirs de défense, sur les territoires qu’il déterminait, à partir du 1er septembre et jusqu’au 31 décembre de la même année. Cette limitation dans le temps disparaît. Le préfet coordonnateur peut désormais suspendre les tirs de défense et de prélèvement, qu’ils aient été autorisés par les préfets de département ou déclarés, lorsqu’il l’estime nécessaire et ce jusqu’à la fin de l’année civile.

Cette évolution lui permet donc d’intervenir plus tôt dans l’année et étend son pouvoir de suspension. Elle revêt une importance particulière pour les territoires de montagne, où la période estivale correspond à la présence de nombreux troupeaux en alpage et en estive et à une forte exposition à la prédation.

Autre évolution : le préfet coordonnateur pourra soumettre à son accord préalable certaines décisions des préfets de département relatives aux opérations de tirs des lieutenants de louveterie et des agents de l’Office français de la biodiversité. L’objectif est de prioriser leur mise en œuvre dans les territoires où les risques de prédation ou de dommages importants aux troupeaux le justifient.

Ce nouveau décret complète ainsi la simplification récente du régime des tirs de défense tout en renforçant les capacités de régulation du préfet coordonnateur. Dans les territoires de montagne particulièrement exposés à la prédation, sa mise en œuvre devra être suivie avec attention afin que ce pilotage permette de préserver une capacité de défense effective des troupeaux, notamment pendant les périodes d’estive.