C’est avec stupeur que l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) découvre la suppression du Conseil national de la montagne (CNM) ce 24 mars à l’occasion de l’examen en commission du projet de loi de simplification de la vie économique. Sans consultation préalable et au mépris de ses habitants et de ses élus, la montagne n’aura donc plus d’instance représentative au niveau national.
Une décision qui n’est pas à une absurdité près :
- Le CNM serait supprimé faute de réunion alors qu’il est présidé par le Premier ministre qui avait donc la charge de le convoquer. Faut-il rappeler que le dernier CNM devait avoir lieu le 11 juillet 2024 et a donc fait les frais de la dissolution.
- Il est regrettable que cet amendement fasse l’objet d’un avis de sagesse du gouvernement alors même que le Premier ministre François Bayrou est originaire du massif des Pyrénées et président d’une intercommunalité de montagne.
- Rappelons que trois ministres, Agnès Pannier-Runacher, Nathalie Delattre et Françoise Gatel, ont confié au CNM le 20 mars dernier une mission d’ampleur d’évaluation et d’élaboration d’une feuille de route spécifique à l’adaptation des territoires de montagne au changement climatique.
Alors que la montagne représente 25% du territoire et doit s’adapter à des mutations historiques liées au changement climatique et que la Loi Montagne, première loi de différenciation territoriale, fête cette année ses 40 ans, c’est un très mauvais signal envoyé aux plus de sept millions de montagnards et à leurs élus qui payent l’absence de vision et d’engagement politique des gouvernements successifs.
Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Frédérique Espagnac, secrétaire générale et sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, et Xavier Roseren, vice-président et député de la Haute-Savoie, demandent un rétablissement en séance du Conseil national de la montagne et sa convocation sans délai.
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